Groupe Théâtre Amitié

Marie-Jo Rubens

Marie-Jo Rubens est le fondateur du GTA, création qui remonte maintenant à 1978. Cette création était la poursuite d’un combat qu’il avait mené toute sa vie : combat d’un communiste révolutionnaire, combat pour la culture populaire, pour faire du théâtre un lieu de formation de l’homme et du citoyen. Nous tentons aujourd'hui encore de poursuivre ce combat à travers notre travail.

De son vrai nom Théophile Arénillas, Marie-Jo « Rubens » est né à Madrid le 29 Novembre 1912 dans une famille nombreuse dont le père était ébéniste. Fragile des yeux, il passe ses premiers étés dans une pièce sombre. C’est pourquoi sa scolarité fut brève mais aussi du fait de l’émigration en France de la famille, à Bordeaux d’abord, à Paris ensuite. Artisan, son père passe ses dimanches au Louvre. Très jeune, le fils découvre les bibliothèques parisiennes.

Il travaille dès son adolescence et se stabilise comme représentant en argenterie, activité qui lui permet de découvrir la France avant les premiers congés payés. Mélomane, il collabore au « Guide du concert » qui offrait des places à ses collaborateurs. La scène musicale parisienne est alors encore dominée par les derniers représentants de l’école française de composition comme Paul Dukas et Vincent d’Indy décédés respectivement en 1935 et 1931. Il découvre l’opéra et s’intéresse notamment à Wagner, réussissant à se faire inviter à Bayreuth. Dès 1927, il s’engage dans le mouvement communiste et devient ensuite rab’cor’ (rapporteur correspondant) pour le journal « L’Humanité » Il participe au mouvement des Auberges de Jeunesse, très lié alors au mouvement ouvrier et à la revendication d’un droit au loisir dont la dimension artistique était partie intégrante. C’est l’époque où il s’engage dans une pratique théâtrale et travaille avec Georges Pitoëff (1884-1939) Charles Dullin (1885-1949) et Jean-Louis Barrault qui n’est que de deux ans son aîné. Il fréquente aussi le comique Tristan Bernard.

Puis vient la guerre et la résistance clandestine dans le réseau du Musée du Louvre puis dans les maquis des Alpes, enfin à Lyon où il participe à la Libération dans la Division Brosset, essentiellement formée de combattants espagnols républicains. Il fut de ceux qui, à l’été 42, tentèrent de prévenir de nombreuses familles juives, souvent incrédules, de l’imminence de la rafle dite « du Vel d’Hiv ».Suite à une arrestation par les allemands, la mâchoire abîmée, il doit, à l’issue du conflit, renoncer à la perspective d’une carrière d’acteur.

Il s’occupe du redémarrage de la vie artistique dans la région lyonnaise puis travaille à la S.N.E.C.M.A. En 1952, il est arrêté à l’issue d’une manifestation et assigné à résidence du fait de sa qualité d’étranger « susceptible de troubler l’ordre public ». Il s’évade ensuite et passera le reste de sa vie sous le nom de sa femme, rencontrée en 1957.

Il retrouve un travail d’animateur culturel à « Travail & Culture », une association qui fédère les initiatives culturelles des comités d’entreprise dirigés par la CGT. Il y organise notamment des lectures dans les usines et des rencontres avec des écrivains, dont Claude Simon, le poète Jean Verdure etc…

C’est aussi l’époque où il fréquente assidûment les milieux sud-américains, traduit les œuvres de poètes et se lie d’amitié avec l'auteur dramatique Enrique Buenaventura …Il s’imprègne notamment de l’héritage précolombien de cette culture et traduit des œuvres poétiques.

En 1967, il assiste Marc Normand dans la réalisation d’un spectacle « Vian » créé à Narbonne. C’est l’époque où il prend la direction de la salle parisienne des « Trois-Baudets ». Il s’installe en 1968 à Eaubonne et y écrit le « Mystère de la Chambre 13 » conçu pour deux acteurs. Il participe dans les années 70 à la direction de la Fédération des Œuvres Laïques et à l’organisation des « Rencontres Jeune Théâtre ». Il anime les activités théâtre du F.S.E. du Collège Jules Ferry d’Ermont… En 1979, c’est la fondation du G.T.A., une aventure qui se poursuit encore aujourd’hui. Dans les années 80, il s’efforcera de créer un Théâtre d’Action Politique et Populaire dans la tradition de l’agit-prop’ de l’entre deux guerres et réalisera au début des années 90 des stages de théâtre dans son lieu de villégiature du Minervois. Quant il meurt, il a écrit le premier acte d’une épopée cathare…